Question 4. Total peut-il être décrit comme soutenant un régime condamnable ?

La présence de Total conforte-t-elle le régime en place, comme le prétendent les organisations militantes qui publient des « listes noires » de sociétés occidentales opérant au Myanmar, et fait-elle du Groupe un « complice objectif » de ce qui est reproché à ce régime ? Ces accusations doivent être jugées à la lumière de plusieurs considérations :

  • Un projet pétrolier est un engagement à très long terme. Dans le cas du Myanmar, six ans séparent la date de signature de l’accord de principe (juillet 1992) de la mise en service des installations (juillet 1998) et l’exploitation du champ devrait durer 30 ans, durée pour laquelle Total EPM et les autres participants au projet Yadana ont investi. Il est difficile de prévoir quelle aurait pu être et quelle sera l’évolution politique du pays sur une aussi longue période.
  • La décision prise par Total de maintenir sa présence au Myanmar, contrairement à un certain nombre de groupes occidentaux qui ont quitté le pays relève d'un choix délibéré. Mais ce choix ne cautionne aucun régime, il exprime la conviction profonde de Total que développement économique et progrès des Droits de l'Homme vont de pair. Ce n'est pas en aggravant les difficultés d'un pays pauvre par un embargo que l'on améliorera le sort de ses habitants.
  • Le Groupe s'est toujours tenu, conformément à ses principes, dans une attitude de non ingérance vis-à-vis du pouvoir, tout en œuvrant de manière très active en faveur du développement économique et du respect des Droits de l'Homme dans la région où il est présent.
  • Un groupe pétrolier n’a rien à gagner de l’absence de démocratie dans un pays. Il préfère travailler dans un état de droit, où règne la paix civile et qui n’est pas exposé au risque de se voir appliquer des sanctions internationales.
  • Une fois en place, les installations produisent des hydrocarbures jusqu’à leur terme. Leurs propriétaires peuvent changer mais cela n’affecte pas les revenus de l’Etat hôte.

Il est vrai que l’exploitation pétrolière ou minière dégage des revenus importants pour les Etats hôtes et que la transparence dans l'usage de ces revenus est d’autant moins assurée que le système politique local ne favorise pas un réel débat et des contrôles efficaces sur leur emploi.