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- Total a-t-il eu recours au travail forcé pour
la construction du gazoduc YADANA ?
Les rumeurs selon lesquelles Total aurait eu recours à
des travailleurs forcés sur le chantier de Yadana
n'ont aucun fondement. Certains ont même prétendu
que Total aurait fait poser le gazoduc par des femmes et
des enfants, forcés bien entendu. Ces accusations
ne reposent sur rien.
Tout au long de la conduite du chantier de Yadana et depuis
lors, Total n’a jamais employé que du personnel
adulte, volontaire et rémunéré ; ce
personnel a été recruté selon les règles
habituelles du Groupe (contrat écrit, visite médicale
d’embauche, non discrimination). Des règles
identiques ont été imposées à
tous les sous-traitants. |
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|  2
- Quel rôle a joué l’armée birmane
pendant la construction du gazoduc ?
D'une manière générale, Il appartient
aux autorités publiques d'un pays d’y assurer
l’ordre public.
En l’occurrence, l’armée birmane était
établie dans la région où passe le
gazoduc depuis 1988 environ, époque à partir
de laquelle le nouveau gouvernement du Myanmar a accentué
son effort contre les groupes insurgés actifs dans
différentes parties du pays. Cette présence
militaire a été renforcée après
l’attentat de mars 1995 (embuscade contre un camion
du projet qui a coûté la vie à cinq
personnes).
L’armée n’était pas sur le chantier,
dont la surveillance était assurée par Total
et par ses sous-traitants, mais elle se trouvait à
proximité et dans la zone pour empêcher d'éventuels
commandos de s'approcher de ce chantier. Total, par l'intermédiaire
de MOGE, devait la tenir régulièrement informée
de l’évolution des travaux et des déplacements
des équipes, mais le Groupe n’a jamais eu de
relation contractuelle avec elle ni ne lui a donné
d’instruction et ne l’a pas payée.
Afin d’assurer la sécurité du personnel
employé sur le chantier et conformément à
sa pratique constante, Total a pris les mesures de protection
qui lui paraissaient normales et nécessaires: service
de sécurité, badges, enceintes protégées,
liaisons radio de sécurité, règles
de déplacement et d'accès….
Total était conscient du risque que l’armée
ne réquisitionne des villageois et ne leur
impose du travail forcé. La société s'est
efforcée de protéger efficacement les
habitants de la manière
suivante :
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les différents canaux de communication
établis avec les villageois dès l'origine
(comités de communication de villages, communication
ladies, médecins et agronomes vivant dans les
villages, habitants des villages employés par
le chantier) ont permis aux équipes de Total
de savoir en temps réel ce qui se passait sur
le terrain et donc d’intervenir en cas d’abus
; |
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Total a toujours été très
clair vis-à-vis de l’armée pour
dire que le travail forcé n’était
pas acceptable, et a fait en sorte qu'elle n'y ait pas
recours dans la zone du gazoduc. |
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|  3
- Le chantier du gazoduc a-t-il entraîné des
déplacements de populations ?
Aucun déplacement de population n’est intervenu
dans la zone depuis l'arrivée de Total. Un village
avait été déplacé en 1991 ou
1992, donc bien avant que le passage du gazoduc dans la
région ne soit envisagé et pour des raisons
sans lien aucun avec le projet. Dans le cadre de ses actions
inscrites dans le programme socio-économique, Total
a obtenu en 1997 le droit pour les villageois ainsi déplacés
de retourner dans leur ancien village s'ils le souhaitaient.
D'une manière générale, il est faux
de dire que l'armée aurait "sécurisé"
la zone avant l'arrivée de Total.
La région traversée par le gazoduc comptait
35 000 habitants au début du chantier; elle en compte plus de 50 000 en 2006. La population a donc augmenté,
alors que les zones rurales de Birmanie connaissent plutôt
un exode au profit des grandes villes ou de la Thaïlande.
Cette croissance démographique témoigne des
bonnes conditions de vie dans la région du gazoduc
et du développement de l'économie locale lié
à ce projet. |
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|  4
- Que pensent les villageois de la présence de Total
?
Le meilleur témoignage que puisse invoquer Total
pour répondre aux critiques est la relation de confiance
développée avec les habitants des 25 villages
de la région du gazoduc. Cette confiance est née
des contacts étroits tissés entre les équipes
socio-économiques de Total et ces villageois dès
le début de 1995 pour se connaître, expliquer
le projet Yadana, comprendre les besoins des villageois,
les aider à mettre en œuvre leurs projets, se
faire les défenseurs de leurs intérêts
et de leur sécurité. Ces relations sont animées
depuis l’origine par des employés birmans du
projet, médecins, vétérinaires, agronomes,
agents de communication, qui habitent dans les villages,
vivent au quotidien avec leurs habitants et échangent
avec eux librement, sans intermédiaire et sans crainte.
Total a veillé à ce que le chantier du gazoduc
ait le moins d'inconvénients possible pour les villageois.
Le tracé de l'ouvrage a évité les villages,
les agriculteurs privés temporairement ou définitivement
par le chantier de l'usage de certaines terres ont été
bien indemnisés. Pendant le chantier, environ un
tiers des besoins en main d'œuvre locale ont été
couverts par les habitants de la région, en veillant
à une répartition équitable des emplois
offerts entre les villages.
Des observateurs indépendants, et notamment le
CDA (Collaborative for Development Action) mais aussi des
journalistes, des diplomates, des représentants d'ONG
ont pu constater sur place que les villageois étaient
satisfaits de la présence de Total et du programme
socio-économique déployé en leur faveur. |
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|  5
- Pourquoi Total demeure-t-il au Myanmar
alors que de nombreux Groupes occidentaux ont quitté ce
pays ?
Un certain nombre de sociétés occidentales,
notamment américaines, ont quitté le Myanmar,
pour des raisons diverses, mais avec pour point commun d’avoir
été soumises aux pressions d’organisations
militantes. Total est resté parce que le Groupe,
indépendamment de l’opération industrielle
en cours, juge sa présence bénéfique
pour le pays et estime que son retrait aurait pour les habitants
du Myanmar un certain nombre d’inconvénients
et aucun avantage.
Quelles sont en effet les retombées pour le pays
de la conduite du projet Yadana par un opérateur
socialement responsable ?
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Les conditions d’emploi : tous
les employés bénéficient d’une
rémunération élevée pour
le pays et d’une bonne protection sociale. Les
termes de leur contrat de travail, aux normes du Groupe,
peuvent exercer un effet d’entraînement
sur la législation locale. Les règles
contraignantes imposées aux sous-traitants locaux
(contrat de travail, règles d’hygiène
et de sécurité, minima salariaux…)
œuvrent dans le même sens. |
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Les retombées économiques,
qui ont permis à plusieurs de ces sous-traitants,
avec lesquels le groupe a noué une relation de
coopération régulière, de se développer
et d'améliorer leur technicité, et qui
ont aussi créé diverses opportunités
d'emploi ou des débouchés pour les communautés
riveraines. |
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La formation : près de 2 000
personnes ont été formées et entraînées
à des tâches techniques dans des métiers
divers à l’occasion du chantier, plus d’une
centaine de techniciens et de gestionnaires de bon niveau
ont reçu une formation très poussée
pour conduire l’exploitation (programme de formation
de 10 MUSD); |
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Le programme de développement
économique et social : grâce à lui, plus de
50 000 personnes sont en meilleure santé,
mieux scolarisées, elles ont vu leur revenu
s’améliorer
et surtout elles vivent en sécurité. |
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Les retombées socio-politiques
: il n’est pas indifférent d’avoir
instauré une forme de société civile
dans les 25 villages qui se trouvent au voisinage du
gazoduc, ni d’avoir éradiqué le
travail forcé dans ces villages grâce à
un dialogue critique vigilant avec le gouvernement. |
Abandonner un pays qui souffre de graves problèmes
ne semble pas à Total la meilleure réponse
pour aider à les résoudre. |
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|  6
- Total soutient le projet de Normes UN. Ceci n'est-il pas contradictoire avec sa présence en Birmanie ?
La présence de Total en Birmanie n'est pas contradictoire avec l'esprit du projet de Normes des Nations Unies. Ce projet insiste sur l'importance de l'influence des entreprises sur les individus et les communautés vivant dans leur secteur d'implantation. Total a pleinement conscience de son rôle à jouer. Dans ce cadre, Total s'attache à faire respecter les droits individuels dans sa zone d'activité et y a développé depuis 1995 des projets socio-éducatifs dont l'impact positif est reconnu. Le développement économique d'un pays, même non démocratique, est une des bases fondamentales du développement des droits de l'Homme.
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|  7
- Le programme socio-économique est-il à la
dimension des problèmes du Myanmar?
14,1 M USD ont été dépensés
entre 1995 et 2006 au titre du programme socio-économique, les
premières années ayant été plus
lourdes car de nombreuses infrastructures ont été
alors réalisées. Les dépenses dépassent
maintenant 1 M USD/an environ (1,4 M USD en 2006).
Ce programme
est partagé entre les co-investisseurs du projet
au prorata de leur participation.
Ce montant est significatif par rapport aux différents
programmes d’aide internationale dont bénéficie
le Myanmar, sachant que ceux-ci ont été réduits
en raison de la situation politique du pays. L’aide
publique au développement (bilatérale et multilatérale)
reçue par le Myanmar depuis le milieu des années
90 est estimée à 50 MUSD par an.
Mais l’enveloppe financière n’est pas
le seul ni même le meilleur critère pour juger
de l’efficacité de cette action, pour plusieurs
raisons :
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Les indicateurs de résultat -
population visée, recul de la mortalité
et de la morbidité, doublement des effectifs
scolarisés, évolution des productions
animales et végétales…, parlent
d’eux-mêmes ; |
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Le succès tient à une
très forte implication personnelle des équipes
du programme socio-économique et, plus largement,
des employés de Total E&P Myanmar ; il est
dû aussi à l’accueil très
favorable réservé au programme par la
population, imputable en partie sans doute à
une gestion très décentralisée
des projets au travers des Comités de Communication
des villages. |
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Ajoutons que cette aide est conçue
pour ne pas créer de dépendance, mais
au contraire pour susciter des activités et des
comportements qui soient durables. |
Au départ le programme s’est appliqué
à 13 villages riverains du chantier. Son périmètre
s'est étendu à 12 villages supplémentaires depuis 2001. Son rayonnement s'est accru : un quart des
patients soignés
et près d'un quart des patients hospitalisés à l'hôpital
de Kanbauk et plus d'un tiers des élèves
pensionnaires dans l'école de cette ville arrivent
de villages situés
en dehors de la zone du gazoduc.
Total et ses partenaires sont soucieux de ne pas limiter
leur action d'accompagnement socio-économique à
la seule région du gazoduc. Ils soutiennent
ainsi un programme national de lutte contre la cécité
animé par la Fondation américaine Helen
Keller, ainsi que des orphelinats qui accueillent
1000 enfants dans la région de Yangon.
Ils étudient d'autres
actions permettant de diffuser le bénéfice
du projet Yadana à une plus large partie de
la population. C'est ainsi que depuis début 2005,
ils se sont associés à une initiative de santé publique
destinée à accompagner et à soigner les personnes
malades du sida dans la région de Mandalay.
Il est évident que le programme socio-économique
de Yadana ne résoudra pas à lui seul les problèmes
politiques et de sous-développement qui se conjuguent
au Myanmar. Mais la présence d'un groupe comme Total
peut aider à faire évoluer le pays dans la
bonne direction. |
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|  8
- Peut-on contrôler l’usage des revenus que
le projet Yadana rapporte au gouvernement birman ?
L'initiative sur la transparence dans l'industrie
extractive (Extractive Industries Transparency Initiative)
vise justement à cela. Lancée en 2002,
sanctionnée par le Sommet du G8 d'Evian en 2003,
adoptée par un nombre croissant de pays, elle
cherche à comparer le montant total des revenus
tirés par l'Etat des industries extractives
avec les sommes qui figurent sur le budget et qui sont
utilisées.
Associé dès l'origine à cette
initiative, Total est déterminé à y
contribuer dans les conditions suivantes :
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en s'associant à une démarche
globale impliquant collectivement tous les acteurs
pétroliers : Etats-hôtes, sociétés
cotées, indépendantes ou nationales, |
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en communiquant à un organisme
international compétent, reconnu et indépendant
dans le respect des contrats signés, le
montant des impôts, taxes et redevances versés
aux Etats-hôtes. |
La mise en oeuvre de l'EITI au Myanmar reste un objectif à moyen
et long terme, même si les conditions politiques
n'en sont pas actuellement réunies.
Au-delà de cette nécessaire démarche
de transparence, si un organisme quelconque est légitime
pour apprécier l'utilisation des ressources
financières mises à disposition d'un
Etat par une entreprise privée au travers du
règlement
de ses impôts, -et ce dans n'importe quel pays-,
il ne saurait s'agir que d'une organisation multilatérale
telle que le FMI ou la Banque Mondiale, et en aucun
cas d'une entreprise privée. |
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|  10
- Comment expliquez-vous que, malgré votre position
en faveur d’un engagement constructif et votre
action en ce sens, la situation n’évolue
pratiquement pas au Myanmar ?
Total agit avec détermination au Myanmar en
faveur des populations locales dont les conditions
de vie s’améliorent de manière
très significative. L’impact de nos actions,
tant au niveau local que national, fait l’objet
d’un suivi rigoureux tant par nous-mêmes
que par des organismes indépendants qui en ont
largement établi les mérites. Au-delà des
causes internes à la situation actuelle du pays,
la faiblesse de son évolution résulte
bien plus d’une politique générale
de sanctions que d’engagement de la part de la
communauté internationale. Depuis 15 ans, l’investissement étranger
est l’objet de nombreuses pressions occidentales.
L’intervention d’autres opérateurs économiques
au Myanmar permettrait de démultiplier les résultats
obtenus par Total dans sa zone.
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 11
- Quelles seraient les conséquences d’un éventuel
retrait de Total du Myanmar ?
Si nous décidions de partir, nous serions immédiatement
remplacés par une autre compagnie et la population
perdrait vraisemblablement les bénéfices
des normes éthiques et sociales que le Groupe
s’emploie à respecter. Les conséquences
d’un tel retrait seraient alors nulles sur les
revenus de l’État du Myanmar et sur le
débat politique, mais elles seraient certainement
bien plus graves pour les populations que nous accompagnons.
Aussi longtemps que nous estimerons que nos activités
dans le cadre du projet Yadana contribuent au bien-être
des populations du Myanmar, nous nous engageons à maintenir
notre présence dans le pays et à démontrer
qu’elle y est plus bénéfique pour
ses habitants que notre absence.
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