Total a pris connaissance du rapport (*) publié le 29 avril 2008 par EarthRights International (ERI) concernant le projet Yadana au Myanmar. Si Total partage avec ERI le souhait de voir les conditions de vie du peuple birman s’améliorer, le Groupe entend cependant dénoncer fermement les accusations dont le consortium gazier est la cible, ERI reliant à tort au projet Yadana les atteintes aux droits de l’homme relatées.
A cet égard, Total regrette qu’ ERI n’ait pris contact avec lui pour discuter de la situation relative aux droits de l’homme dans la zone du projet. Cette démarche aurait pourtant permis d’éviter de graves imprécisions, confusions et amalgames dans la description de certains faits présentés.
Le rapport se contente de reproduire les critiques sur la prétendue inefficacité des programmes socio économiques mis en place depuis plus de 10 ans par les partenaires du projet gazier. Par ailleurs, le rapport relate des témoignages relatifs à des violations de droits de l’Homme dont la plupart se situent en dehors de la zone de présence du consortium. De nombreuses allégations paraissent difficiles à vérifier, car elles ne font jamais référence simultanément à un lieu précis, une date certaine et des personnes identifiées.
Concernant le suivi des événements pouvant impacter les droits de l’homme dans la zone du gazoduc, Total, en contact quotidien avec les populations concernées, les relève lorsqu’ils surviennent et s’assure d’y faire remédier. Nous affirmons que les pratiques inacceptables, sont systématiquement dénoncées et que les coupables sont poursuivis. Tel fut le cas des militaires jugés coupables du viol commis en 2005 près du village de Zinba, tel que mentionné dans le rapport.
De la même manière, Total, à l’écoute des populations locales, exprime régulièrement sa profonde préoccupation quant à la pratique inacceptable du travail forcé, et affirme que la zone du gazoduc est largement épargnée par cette pratique, comme en témoignent les rapports de tiers indépendants.
Enfin, Total rappelle que les populations vivant autour du gazoduc (dont le nombre a augmenté de façon significative sur les dix dernières années) souhaitent le maintien de notre présence et la poursuite de nos activités socio-économiques. Il y a du reste une contradiction dans le rapport d’ERI à vouloir tout à la fois l’arrêt des activités industrielles de l’association et le développement de ses activités sociales et économiques, ce qui est une manière d’en reconnaître le bénéfice pour les populations.
Vous êtes invités à consulter le rapport publié le 30 avril 2008 par CDA Collaborative Learning Projects, Inc. (voir http://www.cdainc.com) dont la principale préoccupation est l’amélioration de la situation des populations du Myanmar. Cette amélioration passe en effet par le maintien de la présence d’industriels responsables à proximité, faisant ainsi bénéficier ces populations des programmes éducatifs, médicaux et économiques dont elles seraient privées si les solutions préconisées par EarthRights International étaient mises en œuvre.
Le rapport d’ERI se veut avant tout être un plaidoyer en faveur d’une stratégie d’isolement économique du Myanmar qui a déjà durement touché les populations, sans apporter la moindre évolution du pays au plan politique. Il vise à obtenir le départ du pays de compagnies responsables, sans prendre en compte les effets négatifs que ce départ aurait vis-à-vis des populations. Total poursuivra ses activités au Myanmar qui participent à l’amélioration des conditions de vie des populations de la région.
(*) « The Human Cost of Energy » - EarthRights International April 2008
http://www.earthrights.org/files/Burma%20Project/Yadana/HCoE_pages.pdf