Conditions de travail




Sur les 2 500 personnes qui ont participé au chantier du gazoduc de Yadana, près de 2 200 étaient des citoyens birmans, tous adultes, volontaires et rémunérés, et 350 étaient des expatriés.



A part ceux recrutés directement par Total, la plupart des travailleurs locaux étaient salariés par les entreprises internationales ou birmanes utilisées comme sous-traitants par Total, maître d'ouvrage. Mais les conditions dans lesquelles ils ont été employés ont été précisément définies par les contrats de sous-traitance, et l'application de leurs clauses régulièrement contrôlée. Celles-ci comprenaient notamment :

La signature d'un contrat écrit avec chaque personne recrutée.
Le passage d'une visite médicale d'embauche, un suivi médical régulier et une protection de l'emploi en cas de maladie.
La définition d'un niveau de salaire minimum par catégorie d'emploi, un salaire nettement supérieur au revenu moyen journalier des actifs dans la région (environ 200 kyats, soit environ 1,5 USD par jour en 1995 pour les ouvriers sans qualification, à comparer à une moyenne de 100 kyats pour cette catégorie de main d'œuvre dans la capitale, Yangon) mais qui ne soit pas un facteur de désorganisation de l'économie locale. Les employés disposant d'une qualification étaient bien entendu mieux payés.Les minima de salaires par catégorie ont été régulièrement revus à la hausse en fonction de l'évolution du pouvoir d'achat de la monnaie locale.
Une formation à la sécurité donnée lors de l'embauche, la remise d'un équipement et des consignes de sécurité, et des conditions de travail sûres.

Les contrats de sous-traitance prévoyaient que les sociétés travaillant pour le chantier emploient une certaine proportion de personnel local, avec des prorata par village. Dans chacun d'entre eux, les candidatures étaient présentées par les Comités de Communication de Village. Un tiers des ouvriers du chantier, soit environ 700 personnes, ont ainsi été recrutés localement.

Des prescriptions aussi détaillées en matière d'emploi sont assez inhabituelles dans les contrats de sous-traitance ; à l'exception des règles relatives à la sécurité et au respect de la législation du travail, l'opérateur maître d'ouvrage traite en général au forfait et laisse les entreprises retenues s'organiser comme elles l'entendent. Total a jugé indispensable d'adopter un code précis et contraignant pour favoriser l'acceptation du projet par les communautés riveraines et assurer pour celles-ci des retombées positives dès le départ du chantier.

La bonne application de ces règles a donné lieu à une surveillance attentive de la part de Total au travers de différents moyens :

L'accès au chantier exigeait d'avoir un badge, qui était remis à chaque travailleur.
Les états salariaux que devaient remplir les sous-traitants faisaient l'objet d'un contrôle régulier, pour s'assurer notamment que le paiement des salaires ne prenait pas de retard et que les salaires réels étaient au moins égaux aux planchers fixés par catégorie.
Les médecins du chantier, de même que les équipes en charge de la sécurité des conditions de travail, étaient très présents pour intervenir rapidement en cas de problème dans leur domaine de compétence.

D'éventuelles difficultés rencontrées par les salariés recrutés localement pouvaient aussi remonter à la connaissance des responsables du chantier par le canal des «Communication Ladies» chargées d'entretenir la relation avec les villages.