Le chantier du gazoduc




L'accord cadre définissant les grands principes du projet Yadana a été signé en juillet 1992, la production de gaz a commencé comme prévu en juillet 1998 et son exploitation commerciale proprement dite en 2000. Cet espace de 6 à 8 ans qui sépare l'engagement initial de la pleine mise en production illustre bien la longueur et la complexité du développement d'un champ d'hydrocarbures.


Les années 92 et 93 ont été consacrées à la levée d'un préalable essentiel : ce champ de Yadana très mal connu, disposait-il des réserves en gaz suffisantes pour justifier les investissements exigés pour la mise en production et le transport de ce gaz ?

Des études géophysiques complexes et des puits d'appréciation étaient indispensables pour l'évaluer. Il fallut attendre la fin de 1993 pour avoir une réponse positive, certifier le niveau de réserves et définir de manière plus précise les modalités techniques de mise en exploitation du champ.

L'autre condition indispensable est de trouver au gaz un débouché rentable à long terme. A la différence du pétrole qui se transporte aisément et de quelques champs de gaz géants justifiant la construction d'une usine de liquéfaction qui coûte plusieurs milliards de dollars (ce qui ne dispense pas de trouver au préalable un client mais donne plus de flexibilité à cette recherche), le gaz se vend " au tuyau ". Les négociations avec l'acheteur logique du gaz de Yadana, la société thaïlandaise PTT, se déroulèrent de février 1993 à février 1995.

Pose du gazoduc en terrain accidenté
Pendant cette période d'exploration pétrolière et de négociation commerciale, les services spécialisés de Total élaborèrent la définition technique du projet, pour servir de base aux discussions à mener avec les fournisseurs d'équipement et autres sous-traitants.

La date de février 1995 est le véritable point de départ des opérations. Interviennent en effet à ce moment l'accord entre partenaires et entre les actionnaires de MGTC sur le schéma de développement du champ de Yadana, la signature du contrat gazier avec la société thaïlandaise PTT et la décision finale sur la route que devra emprunter le gazoduc terrestre. Le chantier va pouvoir démarrer.

La nature impose à celui-ci une contrainte incontournable : la mousson. Il pleut jusqu'à 8 mètres d'eau par an dans la région entre le mois de mai et celui de septembre, rendant impossible le travail pendant cette période. Le chantier va donc être réparti sur 3 saisons courant chacune d'octobre à mai.

Les études détaillées du terrain sont réalisées à partir de la fin de 1994 et durant une partie de l'année 1995.
Pendant la première saison, d'octobre 1995 à mai 1996, l'ensemble des infrastructures nécessaires au chantier, dont la région était complètement dépourvue, est réalisé : port dans l'estuaire de la rivière Heinze pour amener tout le matériel qui transite par Singapour, aérodrome, aires d'atterrissage pour les hélicoptères, routes, ponts... ainsi que les bâtiments provisoires nécessaires pour héberger les équipes et assurer l'administration du chantier.
D'octobre 1996 à mai 1997 est effectuée la pose des 63 km de gazoduc, jusqu'à la frontière.
Entre octobre 1997 et mai 1998 le chantier s'achève avec la construction des deux centres de gestion opérationnelle de l'ouvrage, une unité d'exploitation près de Kanbauk et une station de comptage du gaz livré à Ban I Tong, à la frontière. Une route de service est réalisée pour permettre la maintenance technique du gazoduc, et la couverture végétale est restaurée, afin que le chantier ne laisse pas de trace durable sur l'environnement.

En parallèle la construction de l'ensemble des installations en mer est menée à bien. Elle comprend les plate-formes sur champ (celles-ci ayant été préalablement construites à Singapour) et les 346 km de gazoduc sous-marin. Ainsi, au 1er juillet 1998, date prévue au contrat, le projet est achevé. Sa mise en service commerciale effective attendra le début de l'année 2000, la crise asiatique ayant retardé la réalisation par la partie thaïlandaise des centrales électriques utilisatrices du gaz.