Le gisement de
gaz de Yadana se trouve en mer, à une soixantaine de
kilomètres du rivage le plus proche, dans le prolongement
sous-marin du delta de l'Irrawaddy. L'eau est peu profonde à
cet endroit, une quarantaine de mètres, et le réservoir
est situé environ 1300 mètres plus bas.
Le gisement avait été découvert au début
de 1980 par MOGE qui ne disposait pas alors des moyens techniques
et financiers pour le délimiter, l'apprécier
et le mettre en valeur, à une époque où
le secteur pétrolier birman était fermé
à l'investissement étranger.
Le contrat (Memorandum of Understanding) conclu en juillet
1992 entre Total et la société pétrolière
publique birmane MOGE prévoit 3 phases successives
:
 |
 |
 |
1 - Procéder à
l'étude technique du champ pour apprécier
s'il est économiquement rentable de l'exploiter,
et trouver un acheteur à long terme pour le gaz.
|
 |
 |
 |
2 - Si cette première
phase est couronnée de succès, concevoir
et réaliser les installations de production et
de transport du gaz. |
 |
 |
 |
3 - Produire le gaz et
le faire transporter par MGTC, la société responsable
du gazoduc. |
La
confirmation du niveau des réserves, les négociations
commerciales avec l'acheteur de gaz PTT (Thaïlande) et
la définition précise des solutions techniques
ont occupé la phase préliminaire du projet,
qui couvre la période 1992-1994.
Le schéma de développement a été
définitivement arrêté en février
1995, en même temps qu'était signé le
contrat gazier avec PTT.
Les installations en mer comprennent
notamment :
 |
 |
 |
Deux plates-formes puits
(WP1 et WP2 sur le schéma joint), 7 puits partant
de chacune d'entre elles, |
 |
 |
 |
Une plate-forme de production,
|
 |
 |
 |
Une plate-forme d'habitation.
|
Le coût total du projet
s'est établi à environ 1 milliard d'USD. Sa
réalisation technique a pris 3 ans et demi.
Le cadre juridique est celui
d'un contrat de partage de production (Production Sharing
Contract ou PSC) d'une durée de 30 ans à compter
du début de la production.
Dans ce type de contrat, très répandu au plan international,
le pays hôte demeure propriétaire de la ressource
en hydrocarbures et des installations. L'investisseur perçoit
une rémunération en nature sous la forme d'une part
des hydrocarbures produits couvrant ses frais, y compris l'amortissement
des installations (Cost Gas ou Cost Oil) ; le solde de la production
est réparti entre les partenaires du projet et l'Etat hôte
(Profit Gas ou Profit Oil). Le contrat de Yadana comporte à
cet égard des clauses très classiques qui donnent
aux investisseurs une rentabilité en ligne avec les normes
de la profession.
Le consortium qui a investi dans le projet Yadana s’est
formé en plusieurs étapes. A l’engagement
de départ souscrit par Total seul en juin 1992 s’est
ralliée une filiale d'Unocal début 1993.
La société en charge du gazoduc, MGTC,
a été
formée à la fin de 1994, la société
thaï PTT E&P, le bras de l’acheteur de gaz
PTT dans le domaine de l’Exploration-Production, a
rejoint le projet au début de 1995, et enfin la
société
publique birmane MOGE, qui pouvait prendre dès l'origine
une participation de 15 % dans ce projet aux mêmes
conditions que les autres investisseurs.
La répartition finale des
parts entre les différents investisseurs
dans la partie offshore du projet s'établit
ainsi :
 |
 |
 |
Total, opérateur
31,2375 % |
 |
 |
 |
Une filiale d'UNOCAL 28,2625
% (Chevron depuis 2005) |
Les installations de transport de gaz sont la propriété de
Moattama Gas Transportation Company (MGTC) dont l’actionnariat
est le même que celui du projet dans son ensemble,
et qui est responsable du transport du gaz depuis la plate-forme
de production en mer jusqu’à la frontière
avec la Thaïlande.
Le démarrage technique
des installations est intervenu en juillet 1998 et la production
commerciale a commencé début 2000.
Elle a atteint en moyenne 680 millions de pieds cubes/jour
de gaz
en 2006, l'acheteur thaï enlevant 630 millions de pieds
cubes/jour de gaz, et le Myanmar le solde.