Développement du Myanmar




Le Myanmar est un pays pauvre et qui connaît d'importantes difficultés financières. La taille réelle de son économie est sujette à controverses pour plusieurs raisons : laconisme des statistiques officielles, taux de change artificiel, prix réglementés imposés à une partie de la production agricole, part importante du secteur public, existence d'une économie parallèle de dimension significative... Le pouvoir d'achat par tête aux parités de pouvoir d'achat, indicateur fragile, paraît se situer dans un rapport de 1 à 5 comparé à celui de la Thaïlande et être de 30 ou 40% inférieur à celui du Viêt-Nam, deux pays aux parcours très différents mais qui enregistrent l'un comme l'autre des taux de croissance supérieurs à celui du Myanmar.

Le retard économique de ce pays n'est pas imputable à la nature, qui l'a bien doté en ressources humaines, agricoles, minérales et touristiques. Il provient d'une part d'une gestion économique qui pendant une longue période, dont il reste de nombreuses traces, l'a maintenu à l'écart des règles de l'économie de marché (la " voie birmane vers le socialisme "), et d'autre part de la réticence des investisseurs étrangers, à l'exception de ses voisins proches, Chine et Thaïlande, à venir dans ce pays frappé d'un ostracisme politique. A la différence du Laos, du Cambodge ou du Viêt-Nam, l'aide internationale que reçoit le Myanmar est strictement concentrée sur l'action humanitaire et il ne bénéficie d'aucune aide au développement. Isolement volontaire et réclusion forcée ont laissé le Myanmar à l'écart de la dynamique de croissance qui a emporté l'Asie du Sud-Est. Les signes de son retard sont multiples et patents : espérance de vie peu élevée, mortalité infantile importante, faiblesse des équipements publics, surtout dans les campagnes, niveau bas de la capacité de génération électrique, industrialisation limitée et exportations à prédominance de produits non transformés.

Dans un tel contexte, un projet comme celui de Yadana devrait être considéré comme le bienvenu : il apporte du capital et de la technologie, il crée des emplois, il établit une relation économique durable entre le Myanmar et la Thaïlande. Il peut donc être un vecteur de modernisation de l'économie par les modèles de gestion qu'il introduit, les ressources gazières qu'il produit et les revenus qu'il assure à l'Etat birman.

Le champ de Yadana va dégager des recettes croissantes pour les finances publiques du Myanmar au travers de différents canaux : la part de MOGE dans les résultats de l'entreprise en tant que partenaire de celle-ci à hauteur de 15%, la part de gaz qui lui revient au titre des contrats de partage de production et enfin la fiscalisation du résultat du projet.
La question du bon usage de ces recettes est un problème important qui se pose d'une manière assez fréquente dans les pays dotés d'un riche sous-sol. La société civile réclame plus de transparence dans l’utilisation par les Etats de leur revenus pétroliers ; tel est le thème de la campagne « Publish what you pay» menée par 160 ONG . Cette idée a été reprise selon des modalités plus compatibles avec les cadres contractuels et le respect de la souveraineté des Etats, par l'EITI (Extractive Industries Transparency Initiative) dont le schéma a été approuvé en 2003 lors du sommet G8 d'Evian. Le groupe Total est prêt à contribuer à cette transparence :

en s’associant à une démarche globale, impliquant tous les acteurs pétroliers : Etats Hôtes, sociétés cotées, indépendantes ou nationales
en communiquant à un organisme international reconnu et indépendant, dans le respect des contrats signéés, le montant des impôts et redevances payés aux Etats hôtes.

Par contre un groupe pétrolier n'a pas de légitimité pour dicter à un Etat comment il doit employer ses recettes pétrolières ; ce serait une ingérence inacceptable. Les organisations internationales, la Banque Mondiale par exemple, sont beaucoup mieux placées pour exercer une telle magistrature d'influence et de conseil qui serait particulièrement bienvenue dans le cas du Myanmar.

Total se considère comme directement responsable de trois types de retombées d'un projet pétrolier sur le développement économique d'un pays :

Exploiter les réserves avec un réel souci de développement durable, en visant à obtenir le taux de récupération du gisement le plus élevé possible dans les limites fixées par l'économie du projet, tout en respectant l'environnement, pour permettre au pays de tirer le meilleur parti des richesses de son sous-sol,
Employer autant que faire se peut de la main d'œuvre locale, la former, lui donner des conditions d'emploi et des perspectives d'évolution professionnelle satisfaisantes et équitables,
Oeuvrer pour que les populations riveraines du projet en retirent des avantages directs sur le plan économique et social afin que, grâce au projet, leur vie soit améliorée.

Dans la conduite du projet Yadana, Total, en accord avec ses partenaires, a établi un lien très étroit entre le projet gazier lui-même, le programme socio-économique d'accompagnement et la promotion des Droits de l'Homme dans la région où le Groupe est présent. Acteur du développement et porteur de ses valeurs humanistes, Total pense, dans le domaine qui est le sien et dans la réalité concrète d'une opération industrielle, pouvoir contribuer utilement à l'évolution du Myanmar. La Compagnie est ouverte à toute opportunité de dialogue et de coopération avec les différentes parties prenantes, nationales et internationales, intéressées par le devenir du Myanmar pour examiner avec elles comment son action pourrait servir mieux encore l'avenir à long terme de ce pays.

Total et l'UNITAR (United Nations Institute for Training and Research) sont depuis plusieurs années engagés dans un partenariat stratégique au niveau mondial, visant à renforcer les capacités des administrations civiles, nationales et locales. Le 8 mars 2006, Total a signé avec l'UNITAR un accord pluriannuel par lequel le groupe pétrolier s'engage à financer un programme de formation des Nations Unies pour des diplomates et fonctionnaires birmans. Ce programme de 3 semaines a pour objet de familiariser les stagiaires au fonctionnement des organisations internationales et régionales. Il comprend également un module de formation aux relations économiques internationales et traite de l'éthique dans les transactions financières et commerciales internationales. Cette formation doit également mettre l'accent sur le rôle de la Société Civile et sur l'importance du dialogue dans les négotiations multilatérales. Il est prévu enfin de former les participants à certains sujets tels que le Droit Humanitaire International, le Droit des Réfugiés, les Droits de l'Homme, le Droit International de l'Environnement et le Droit de la Mer.. L'implication de Total dans ces actions de formation à la bonne gouvernance démontre toute l'intérêt que porte la Société à permettre au Myanmar de rejoindre au plus vite le concert des nations.