Le volet médical et sanitaire




Avant l'arrivée de Total, l'état sanitaire de la zone était médiocre : mortalité infantile élevée, paludisme très répandu, tuberculose, mauvaise qualité de l'eau avec pour conséquence de nombreuses affections digestives, hygiène médiocre... Peu de personnel médical, des infrastructures inexistantes à part un hôpital rural à Kanbauk dépourvu de moyens et même de médecin permanent, une faible connaissance de la situation sanitaire réelle.

La priorité du programme socio-économique en matière de santé a été de réduire les principales causes de mortalité dans la région en dotant celle-ci des moyens nécessaires, en mettant en place des campagnes de vaccination et un suivi médical gratuit pour les habitants, et en améliorant les conditions d’hygiène. Cette action, financée par les actionnaires de MGTC, la société en charge du gazoduc, a été menée en concertation avec les autorités sanitaires du pays.

L’hôpital de district de Kanbauk est la principale structure médicale dans la région. Il a été rénové, pourvu du matériel adapté et développé au fil des années pour passer de 28 à 48 lits. Un département ambulatoire et un pavillon d’isolement ont été construits en 2006 et une maternité est en construction. Les habitants bénéficient également de cliniques, construites dans le cadre du programme socio-économique ou qu’ils ont construites eux-mêmes. 18 cliniques sont opérationnelles actuellement. Le personnel médical (sages-femmes et assistants médicaux) est formé par le programme socio-économique et y assure le suivi médical courant, les soins, les vaccinations, l’éducation sanitaire. Les cas spécifiques étant traités par le médecin de garde ou à l’hôpital de Kanbauk. En 2006, les sages-femmes ont permis la naissance de 184 enfants.

Quelques chiffres sur le travail accompli en 2006 :

97 173 consultations médicales gratuites (708 173 depuis 1997, voir tableau ci-dessous)
9 975 vaccinations (enfants, femmes enceintes) et plus de 6 000 vaccinations anti-tétaniques (femmes de plus de 15 ans)

Pour lutter contre le paludisme sévissant de manière endémique, le concours de l'Institut Pasteur a été recherché, ce qui a permis, en liaison avec le Ministère de la Recherche médicale du Myanmar, de définir les outils et traitements adéquats. Chaque dispensaire dispose de tests ICT et de microscopes pour permettre un diagnostic rapide de la maladie.

Le paludisme est une des préoccupations sanitaires du Myanmar. Il représente 83 % des 3746 analyses effectuées au laboratoire de l’hôpital de Kanbauk. Deux fois par an, la Croix rouge, les pompiers, les sages-femmes, les assistants médicaux et les médecins du programme socio-économique organisent le traitement des moustiquaires : en 2006, l’opération a concerné 5235 moustiquaires (représentant 13 667 personnes).

Le programme de vaccination vise les pathologies suivantes : Tuberculose (BCG), Diphtérie-Tétanos-Coqueluche (DTP), Poliomyélite (OPV), Rougeole (MS), Tétanos, Hépatite B, vaccination antitétanique pour les femmes enceintes (TT).

En matière d'hygiène, les actions menées s'articulent autour de trois axes : l'éducation sanitaire, les équipements publics et l'approvisionnement en eau potable. L'éducation sanitaire passe par le rôle de conseil assuré par les médecins et assistants médicaux, et par des réunions d'information touchant de 750 à 1200 personnes par mois. Plus de 2000 réunions de cette nature ont été tenues entre mai 1998 et la fin 2006. 13 234 personnes ont participé à 317 réunions en 2006 sur la grippe aviaire, les soins pendant la grossesse, l'hygiène... Depuis 2005, une attention particulière a été apportée à la sensibilisation au sida (67 réunions d'information y ont été consacrées et ont réuni plus de 1600 personnes en 2006).

Les équipements d'hygiène comprennent la fourniture de latrines protégées des mouches (4 372 à fin 2005), des installations sanitaires dans les écoles et des équipements destinés à recueillir les ordures dans les villages.

L'amélioration de la qualité de l'eau potable a été obtenue par la création ou la rénovation de puits (1 089 à fin 2005), leur protection, leur nettoyage et leur chloration deux fois par mois, et par la captation de sources en montagne.

La couverture médicale conjuguée avec l'action sanitaire a permis d'enregistrer un fort recul de la mortalité dans la zone.

Le planning familial est l'une des facettes de l'action sanitaire entreprise dans la zone, dans le respect des coutumes locales. Sont accueillies les femmes mariées, âgées de 18 ans au moins, et volontaires. Plus de 2 600 femmes issues de 25 villages ont été reçues en consultation.

Les enfants bénéficient également d'une surveillance médicale. Une visite médicale scolaire annuelle a ainsi été mise en place depuis 1997 et, par exemple en 2006, elle a concerné 96% des enfants et mis l'accent sur la surveillance de l'acuité visuelle. Un programme anthelminthique a concerné 6 000 enfants en 2006. Quant à la population plus âgée, plus de la moitié des personnes de plus de 60 ans sont suivies pour hypertension, problèmes articulaires, cardiaques ou mentaux.

Des cas de dengue hémorragique signalés dans la partie est de la région du gazoduc à la mousson de 2006 ont déclenché la mobilisation exceptionnelle de tout le personnel médical et des autorités locales pour organiser distribution de traitements, sensibilisation des habitants et mesures de prévention, ce qui a permis d’éradiquer rapidement l’épidémie et seuls deux décès sont à déplorer.