Traditionnellement
les villages birmans ont à leur tête un chef de
village entouré d'un cercle de villageois pourvus d'expérience.
Pour renforcer le contrôle central sur les communautés
locales, des VLORC (Village Law and Order Restauration Councils),
devenus depuis lors des VPDC (Village Peace and Development
Councils), ont été institués, composés
d'un chef de village et de personnes considérées
comme sûres par le pouvoir. Ces conseils ont pour rôle
de gérer les affaires locales et de servir de lien avec
les autorités.
Pour
pouvoir établir un réel dialogue
avec les habitants, Total E&P Myanmar souhaitait
mettre en place des structures qui représentent
la diversité de
leurs activités économiques et de leurs
intérêts.
C'est pourquoi la société a demandé dès le début
de 1995 aux habitants de chacun des 13 villages riverains
du projet d'élire parmi eux un groupe de 7 à
11 personnes, selon la taille du village, qui serait un interlocuteur
privilégié. Ce dispositif a été
étendu aux 12 villages supplémentaires associés
au programme socio-économique depuis 2001 (dont 2 villages en 2005).
Les comités ainsi formés rassemblent des villageois
parmi les plus entreprenants, les plus motivés, les plus
avisés, exerçant des activités diverses :
agriculteurs, pêcheurs, commerçants, coiffeurs, propriétaires
de maisons de thé, enseignants... Le chef du village ou
un autre membre de l'administration municipale en fait partie.
Ces groupes comptent un certain nombre de femmes.
Bien entendu ces comités ne se substituent pas aux
structures officielles du village ; ainsi les autorités
n'ont pas élevé d'objection à leur mise
en place. Leur rôle est circonscrit au domaine socio-économique
et donc à la définition et à la mise
en œuvre du programme. Mais ils remplissent en ce domaine
des fonctions essentielles : ils expriment les besoins des
villageois en matière sanitaire, éducative,
d'infrastructures ; ils discutent avec les représentants
du programme des moyens à mettre en œuvre pour
répondre à ces besoins. A l'époque du
chantier, ils présentaient les candidatures des villageois
qui désiraient travailler à celui-ci ; pendant
cette même période, ils ont discuté les
bases d'évaluation utilisées pour fixer les
indemnités à verser aux agriculteurs que les
travaux du gazoduc privaient, temporairement ou définitivement,
de l'usage de certaines de leurs terres.
Les comités exercent une influence sur l'élaboration
des projets individuels de développement économique
présentés par les habitants du village (culture,
élevage, demande de microcrédit) que le programme
socio-économique décidera de soutenir. Un comité
ad-hoc, souvent composé d'enseignants, est chargé
de l'attribution des microcrédits.
Les contacts sont quotidiens et bien souvent informels entre
les membres des Comités de Communication de Village
et les équipes du programme socio-économique,
médecins, agronomes, vétérinaires, agents
de communication (" Communication Ladies ") qui
vivent sur place dans les villages, ou au chef-lieu à
Kanbauk.
Les
comités se sont révélés dès
le départ des intermédiaires très précieux
entre les équipes du projet Yadana et les villages.
Ils ont été les premiers à se voir expliquer
la teneur du projet de gazoduc et le programme socio-économique
d'accompagnement. Ils ont donc servi de relais pour les présenter
aux villageois et pour faire remonter les interrogations de
ceux-ci. Il faut souligner que ces comités n'ont jamais
été des écrans entre les équipes
de Total et les villageois, et que de nombreux contacts personnels
et des réunions avec l'ensemble du village enrichissent
la relation .
Un climat de confiance s'est rapidement instauré entre
les équipes socio-économiques et les Comités
de Communication de Village, lorsqu'il est devenu évident
pour eux que Total et ses partenaires voulaient vraiment que
le projet ait des retombées positives pour les villages
et se souciaient de protéger les habitants. C'est par
leur canal que sont remontées les informations relatives
aux cas de travail forcé
imposé par l'armée aux villageois, ce qui
a permis à Total d'intervenir pour les faire cesser.
Canaux d'information et de dialogue, les Comités de
Communication de Village témoignent aussi de la volonté
de Total et des autres actionnaires de MGTC de voir les villages
s'approprier les projets afin de ne pas tomber dans une relation
de dépendance qui rendrait plus fragiles les progrès
apportés par le programme.
Des élections sont organisées dans les villages afin de renouveler les membres des Comités de Communication de Village (CCV) et permettre ainsi à de nouveaux villageois de s'impliquer dans la poursuite du programme socio-économique pendant leur mandat de trois ans. Il y a 182 membres des CCV à fin 2006..