Le programme
socio-économique mis en œuvre dans la région
traversée par le gazoduc de Yadana concrétise
un des principes posés par le Code
de Conduite du Groupe Total et par celui de sa filiale birmane
: participer par ses activités au développement
économique et social des pays où le Groupe est
présent, en particulier celui des communautés
qui vivent là où se trouvent ses implantations.
Le
programme socio-économique a été lancé
en 1995, avant même le démarrage du projet de
Yadana, et il a toujours été considéré
comme partie intégrante du projet.
Ses priorités, définies avec les habitants,
s'articulent autour de 4 axes : santé, éducation,
développement économique, infrastructures.
Il s'agit d'un engagement à long terme de tous les
partenaires du projet Yadana, Total, UNOCAL, PTT-EP et MOGE.
Le programme était initialement destiné aux
habitants des 13 villages les plus proches du gazoduc. Il
a été étendu à 25 villages depuis
2001 (dont 2 villages en 2005), et ses retombées profitent à la région du gazoduc. En 2006 le programme a ainsi directement bénéficié à 25 villages et une population de 36 700 personnes et on estime que plus de 50 000 personnes en ont bénéficié dans la région du gazoduc. Le programme comporte aussi des actions
en dehors de la région du gazoduc (soutien à des
orphelinats autour de Yangon, à un
programme national de lutte contre la cécité, à un programme de lutte contre le sida et la tuberculose, à des
hôpitaux,
à un hospice pour personnes âgées...).

L'équilibre
du programme repose sur la combinaison entre un dialogue permanent
avec les habitants et des actions de développement
économique et social financées par le projet.
Sa réussite implique un engagement réel des
villages et de leurs habitants. En effet, il doit déboucher
sur une amélioration durable des conditions de vie
dans la région qui puisse s'entretenir elle-même.
Cela suppose qu'il réponde bien aux besoins de la population
et soit respectueux de sa culture et de sa manière
de vivre. C'est pourquoi il était indispensable de
confier sa mise en œuvre à des ressortissants
du Myanmar. Tous les membres de l'équipe socio-économique
sont de nationalité birmane. Tous les projets réalisés
dans ce cadre appartiennent aux collectivités locales
concernées (cliniques, écoles, infrastructures
de communication...) ou aux villageois eux-mêmes (projets
agricoles et commerciaux).
Total a souhaité soumettre son action au jugement critique
d'un expert indépendant, le C.D.A.
(Collaborative for Development Action), un organisme américain
basé à Cambridge dans le Massachusetts, et spécialisé
dans les questions liées à l'aide au développement
et à la conduite de projets dans les pays en crise. Le
CDA travaille pour des gouvernements, des organisations internationales,
des ONG, des universités. Il a développé
un programme, " The Corporate Engagement Project ",
auquel participent Total et Unocal, visant à éclairer
les entreprises multinationales sur l'impact de leur activité
dans des régions affectées par des tensions sociopolitiques
ou des conflits.
Le CDA s'est rendu quatre fois dans la région traversée
par le gazoduc de Yadana, en octobre 2002, avril et décembre 2003 et en avril 2005.
Il porte un jugement positif sur l'action de Total mais suggère
diverses pistes pour rendre celle-ci plus efficace.
Total a aussi demandé à Bernard
Kouchner, en raison de son expérience de la médecine
humanitaire et de sa vision politique, de conseiller le Groupe
sur son action au Myanmar. Celui-ci s'est rendu sur place
en mars 2003 et il a remis à Total des conclusions
qui rejoignent assez largement celles du CDA.