Constat local




Principales constatations faites par CDA (Synthèse des trois rapports)

Travail forcé

Le travail forcé imposé par l'armée demeure une réalité au Myanmar, malgré les lois qui le proscrivent depuis 1999. Grâce à la présence de Total, dont la vigilance sur ce point est très grande et qui a mis au point une procédure efficace pour faire pression sur les autorités, il n'existe pas dans la zone du gazoduc. Les villageois le reconnaissent en disant : " Total nous a permis de dormir tranquilles ".

Vie quotidienne dans la région du gazoduc

La présence des équipes de Total sur place est un facteur déterminant pour la paix et la sécurité dans cette zone ; ses principes de comportement se sont imposés à toutes les parties en présence, y compris l'armée. Les règles du Groupe, par exemple en matière de conduite automobile ou de respect de l'environnement, y ont produit un effet favorable. L'action menée a favorisé le développement économique et social, ce dont témoignent la situation sanitaire, la scolarisation des enfants et les signes de relative prospérité dans la zone : nombreuses constructions en cours de maisons et de magasins utilisant des matériaux de meilleure qualité, abondance des produits offerts sur le marché local, augmentation du nombre de véhicules à moteur (taxis, bus, motocyclettes).

Programme socio-économique

Géré en direct par une équipe spécialement dédiée de Total et bien conçu, ce programme est connu et apprécié par les habitants des 25 villages auxquels il est destiné. Son rayonnement est important puisque plus d’un tiers des élèves pensionnaires dans l'école de Kanbauk et aussi un quart des patients soignés et près d’un quart des patients hospitalisés à l'hôpital de cette ville arrivent de villages situés en dehors de la zone du gazoduc. CDA a relevé en particulier les points suivants :

Des " Comités de Communication de Village " (CCV) élus, situation assez exceptionnelle dans la région, sont les interlocuteurs habituels des équipes du programme de Total, mais celles-ci rencontrent régulièrement l'ensemble des habitants de chaque village. Des " Agents de communication avec les villages " (il s'agit des " Communication Ladies ") servent d'intermédiaires avec les Comités de Communication. Les CCV ont permis de faire de la région du gazoduc " un des rares endroits au Myanmar où existe un cadre, même limité, de société civile ".
La présence dans les villages des médecins, experts agricoles et vétérinaires du programme Total assure un contact permanent avec la population.
Les habitants apprécient le soutien apporté par Total en matière d'équipement, mais ils sont aussi très intéressés, dans cette région pauvre, par les bénéfices qu'ils peuvent tirer personnellement de la présence du Groupe en termes d'emploi ou de débouchés pour leur activité économique.
La répartition des aides s'effectue de manière équitable et non discriminatoire. Aucune ethnie, aucune religion, aucun groupe particulier n'apparaît comme avantagé par rapport aux autres.
Malgré les aides destinées à les soutenir, les projets supposent la plupart du temps un effort propre du bénéficiaire, ce qui favorise la sélection de projets viables ; mais les plus pauvres, en particulier les paysans sans terre qui sont nombreux, ont peine à fournir un tel effort. Total a mis en place de manière encore expérimentale un programme dit de " jardins potagers " à leur intention ; les actions éducatives et sanitaires bénéficient à l'ensemble de la population, quel que soit son revenu.
Par son activité, par les règles imposées aux sous-traitants et par les retombées du programme socio-économique, Total a créé des opportunités dans le pays et dans la zone.

Suggestions et critiques formulées par CDA

CDA recommande en particulier :

une extension progressive de la zone concernée par le programme socio-économique, pour éviter que ne se creuse trop le fossé, source de possibles tensions, entre la région qui en bénéficie et sa périphérie,
la poursuite des actions d'information auprès des villageois sur le volet économique du programme, de façon à ce que ceux-ci aient une connaissance plus directe des mécanismes d'aide afin de ne pas trop dépendre du bon vouloir des chefs de villages pour les obtenir,
différentes mesures pour améliorer l'action des Comités de Communication (formation à donner à leurs membres pour mieux administrer les programmes d'aide, renforcement de cette structure dans les villages qui ont rejoint le programme en 2001),
la recherche d'une intégration plus forte entre ce programme et l'activité gazière de Total au Myanmar, en explorant les possibilités d'un appel accru aux communautés locales pour certains types de fournitures et de sous-traitance, ce qui peut requérir la mise en place de formations adaptées, et en développant les contacts entre les équipes d'exploitation de Total et les populations locales,
la priorité à donner aux plus pauvres dans les actions de développement économique,
des adaptations à apporter au programme pour garantir sa pérennité et éviter une trop forte dépendance des aides de Total : participation des plus aisés au coût des services offerts, formation d'acteurs locaux à faire prendre financièrement en charge par les villages (assistants médicaux, vétérinaires, personnel agricole...), formation des villageois à une bonne gestion des programmes économiques et des microcrédits dans la transparence totale, encouragement des initiatives des villageois en vue d’une prise en charge plus autonome de l’entretien des réalisations effectuées.
promotion de l’élection des membres des Comités de Communication,
discussion avec le Gouvernement des possibilités de restauration du schéma actuel d’électrification des villages,
développement d'un dialogue institutionnel avec des représentants de la société civile sur place,
prise en charge des problèmes des communautés par elles-mêmes afin de rendre le développement socio-économique plus durable et moins dépendant des actions de Total.