La région du gazoduc et ses habitants




Pour son parcours terrestre, le gazoduc de Yadana traverse sur 63 km selon un axe est-ouest une région assez isolée et faiblement peuplée (environ 40 habitants au km2) au sud du Myanmar dans le district du Tenasserim. La ville importante la plus proche est Tavoy (ou Dawei) située à une soixantaine de kilomètres au sud. Dans la partie côtière, quelques villages de pêcheurs qui pratiquent aussi la culture du riz et l'élevage. Le centre de la zone est constitué d'une plaine boisée, traversée par de nombreux cours d'eau dont deux fleuves assez larges, la Heinze et la Dawei, et parsemée de vastes clairières où vivent des populations agricoles pratiquant la culture et l'élevage de manière traditionnelle et avec très peu de matériel agricole à leur disposition. Le moyen de transport le plus utilisé est le char à bœufs. Plus on progresse vers l'est, en direction de la frontière avec la Thaïlande qui culmine à 850 mètres d'altitude, plus la région devient inhospitalière, accidentée et couverte par une jungle dense composée d'une partie de forêt dégradée et d'une forêt tropicale primaire.

Le gazoduc passe au nord de cette forêt primaire, pour la respecter. Il suit la trace d'un chemin existant.

La composition ethnique de la zone est assez diversifiée. Les villages côtiers autour de Daminseik sont habités principalement par des pêcheurs d'ethnie Mon. Trois villages au centre de la région, proches de la rivière Dawei, sont occupés par des Karen, le plus souvent chrétiens (baptistes). Les autres villages ont une population à dominante birmane et de religion bouddhiste. La ville la plus importante, Kanbauk, abrite aussi une petite communauté musulmane et une mosquée. Les rapports entre ethnies sont paisibles à l'intérieur de la région.


Région du gazoduc terrestre

Eloignée des grands centres urbains et ne disposant que de chemins de terre emportés à chaque mousson, la région où passe le gazoduc vivait à l'écart de la civilisation, et ses habitants n'étaient pas préparés à accueillir un grand chantier où travailleraient de nombreux étrangers. Pour éviter que celui-ci ne produise un choc culturel sur les communautés locales, un préalable s'imposait : connaître en détail leur mode de vie et leurs traditions. Deux études approfondies ont été réalisées à cette fin en 1994-1995 avant le démarrage du chantier. L'une effectuée avec l'assistance de BEICIP-FRANLAB, un bureau d'études pluridisciplinaire travaillant principalement pour l'industrie pétrolière, afin de comprendre la réalité socio-économique de la région et d'identifier ses besoins en ce domaine, l'autre réalisée par le département d'Histoire de l'Université de Yangon, qui portait sur les aspects culturels. Ces études ont fourni un apport précieux pour mettre en place les structures de dialogue avec les habitants et définir avec eux un programme socio-économique répondant à leurs besoins et à leurs attentes.

La région du gazoduc abritait environ 35 000 habitants en 1996, et cette population est estimée à plus de 50 000 personnes à fin 2006. Une approche plus précise de la démographie locale oblige à distinguer les habitants des 13 villages riverains du chantier, qui ont bénéficié du programme socio-économique depuis 1995 (18 400 personnes en 1996), les 25 villages (soit les 13 précédents plus 12 supplémentaires) auxquels ce programme s'applique depuis 2001 (27 000 personnes en 1996), et enfin la population d'ensemble de la zone. Les actions menées au titre du programme socio-économique sont en effet définies au niveau des villages mais nombre d'entre elles, notamment dans les domaines de la santé et de l'éducation, ont une aire de diffusion plus vaste.

Population estimée

Année 25 villages du programme socio-économique depuis 2001 Ensemble de la zone
2001 30 900 40 000 / 43 000
2004 31 175 45 813
2005 31 231 44 894
2006 36 688 50 351